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Les "à côté" du mois de mars

Publicado en 6 Abril 2025 por Peio

A côté

Un dimanche, sans ses à côté, perdrait toute la saveur d'une respiration dominicale. Ils ont beau se compter sur les doigts d'une main, ils savent à chaque fois l'agrémenter de brillance, même lorsque rien ne laisse présager qu'il sera à marquer d'une pierre blanche. Il s'en est fallu de peu aujourd'hui que le nôtre de quelques flocons de neige se couvre du souvenir mais le froid d'un hiver de dernières valses prussiennes s'est présenté seul à sa porte. Pas de quoi donc défrayer les chroniques et pourtant, le seigneur des jours a tenu toutes ses promesses. Revenu d'entre les bras de Morphée pour plonger dans les eaux d'autres caresses, la matinée glissa sur ta peau d'un plaisir aux lèvres qui jamais ne se dément. Ouvrant l'appétit et le comblant à la faveur d'effluves sur le grill de tartines de pain de campagne et de regards craquelés avec et sans gluten. Après l'entrefilet de quelques revers distillés et autres coups droits pour prendre l'air, tu ravivas nos papilles en un tour de main : tu sauças le déjeuner dans un coulis de tomates et de poireaux du jardin qui, sous les feux de l'âtre, firent une entrée digne de la table des gens heureux. La douceur du moment joua les garnitures en prenant ses aises et en allant se lover -comme idéfix notre chat- entre le moelleux du canapé et la chaleur du bois bercé dans la rumeur des flammèches enhardies. L'après-midi s'accorderaient les pauses café de mise, avant de laisser le jour s'effiler derrière les carreaux des fenêtres et nous offrir à la lueur des dernières braises de nous retrouver. Taiseux et nus, juste à côté. 

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Les "à côté" du mois de mars

Coup de maître

Le coup droit dévastateur de Kelly est passé par là. Elle a pris mon dimanche pour une balle de feutre et l'a fait voler sans que je n'y puisse rien. Sonné, comme l'aurait été un boxeur par un uppercut au menton, j'ai vu -pour ainsi dire- défiler avec lui sa vie en un éclair. 

Nous sont revenus alors tous ses highlight depuis ses débuts près de la piscine et cette aisance validée par un petit filet d'une tête plus haute qu'elle. Ses premiers faits d'arme sur les courts, entre diabolos menthe et Chupa Chups assortis à nos troisièmes mi-temps de tennis des campagnes, avant de lui voir suivre un régime -comment dire- plus draconien à la sauce boulazacoise et qu'elle goûte aux plaisirs des sorties en Nouvelle Aquitaine en représentation du département.

A la table bergeracoise depuis deux ans, le coup de fourchette s'affirme : on ne parle plus de prédispositions mais plutôt d'ambitions et d'appétit de conquête  Au classement qui voltige à croquer dans tout ce qui se présente à elle, elle s'attaque désormais à faire suer sang et eaux ces dames bien plus âgées qu'elle, qu'elle met au défi de ces onze ans fraichement moulus. 

Ce premier titre départemental vient donner foi -comme un millésime- à ce premier lustre d'efforts et de travail rondement mené : il valide une progression qui fait de l'oeil à l'horloge du temps et dont l'ascension la conduit naturellement à prétendre s'asseoir un jour devant ces assiettes à dessert, garnies de bons fruits rouges et nappés de crème auxquelles sont conviés les Petits As de ce sport. 

 

L'attachement

Mon grandissant attachement au dernier jour de la semaine me fait aujourd'hui presque regretter qu'on vienne à en perdre une heure -comme chaque année d'ailleurs à l'arrivée du printemps- et donc un peu du bonheur d'en profiter, comme on s'abreuve d'un calice jusqu'à sa lie.

Mais rien ne me laissait présager qu'une nouvelle disparition allait autrement me dévaster. Grossi par le grand écran et sa promiscuité à nous faire partager l'émotion d'une fiction jusqu'à faire sang dans nos veines, jamais je n'oublierais, dans l'entrebâillement de la porte qu'il ouvrait, le visage défait de ce père qui annonce à sa voisine le décès de son épouse alors qu'ensemble ils se préparaient à accueillir un enfant dans leur ménage. Le leur cette fois. Non pas que l'autre ne le fût pas puisqu'il l'était devenu en bon entendement, comme cela peut se produire après une séparation. Mais il l'avait tellement désiré. Lui surtout. Au point d'avoir du mal à contenir le flot de culpabilité qui maintenant le rongeait en se rappelant qu'il lui avait un peu forcé la main.

Le destin est aussi cruel que résilient. Il frappe à la porte lorsqu'on l'attend le moins et, dans l'embrasure de l'instant laissé ouvert, il est en même temps capable de philanthropie, de provoquer -à l'instar d'une éruption cutanée- qu'une féministe libertaire aux ongles jaunis par le tabac de ses livres de solitude ne fasse plus tapisserie sur le pallier et de femme sans mamelles se convertisse en Saint Bernard au poil maternel. Le lien, celui qui va naître de l'impensable, dépasse l'entendement de tous. Sublime. Il est mélomane aussi. Il joue des cordes de "L'attachement", comme un quintette de circonstance nourri par les yeux de l'enfance, qui, dans l'euphonie qui en émane de concert, trouve -solidement amarré- son port de plaisance et les jardins de verdure où s'étendre, sourire et ne plus en perdre une seule seconde !   

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