Le désert africain s'est invité au banquet des territoires tempérés où le vin coulait á flot et qui n'ont rien vu venir. Une étincelle est venu mettre le feu au poudre, enflammant la sève de ses forêts de pin et laissant frétiller sa mèche incendiaire jusqu'à nos portes á tous, comme si le tapis de sècheresse avait été dévoilé à notre insu juste pour le recevoir. Il vient s'ajouter à tous ces hôtes qui l'ont précédé issus du même continent et qui sur des radeaux de fortune ont embarqué leurs espoirs de manger enfin á la table des rois.
Le délit de faciès et les nauséabondes questions identitaires causés par l'arrivage de flux sans précédent ont fait naufragé nos débats sur les réponses á donner, plombés par nos querelles de chapelle, par nos peurs réveillés de l'étranger qui parce qu'il foule notre territoire le met fortement en danger bousculant ses équilibres à échelle d'état. En respirant l'haleine assoiffé de ce dernier hôte, on se rend peut-être compte que nos calculs d'apothicaire sur la gestion des mouvements migratoires et leur l'assimilation mériteraient être précédés de plus de hauteur de vue á l'heure d'analyser les causes réelles du phénomène. Notre déni sur l'urgence du secours à porter à ces populations meurtries se doit d'être levé : ajouter une assiette supplémentaire pour celui qui est dans le besoin est une évidence. Par-contre, être prêt á être reçu lorsque cela viendra doit nous faire changer de spectre d'appréciation. Les lances, les tuyaux à eau, notre solidarité cet été, tout s'est retrouvé à sec devant la gravité du changement qui nous guette. Ce dernier est à nos portes. Il n'a pas attendu l'été d'ailleurs. Et de vague de chaleur en vague plus torride, je suppute qu'il n'attendra pas 2050 pour nous inonder de sa détermination á nous mener la vie dure.
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